Une poésie qui rend hommage aux victimes …

C’est en 1991, après la première guerre du Golfe que Tahar Ben Jelloun a écrit les recueils « La Remontée des Cendres » et « Non identifiés ». Avec ces poèmes, il a voulu rendre un hommage aux victimes, « aux corps anonymes, aux corps calcinés dont a vu brièvement des images à la télévision ».

Car « une fois qu’on a tiré une couverture de sable et de cendre sur des milliers de corps anonymes, on cultive l’oubli ». « Alors la poésie se soulève. Par nécessité. Elle se fait parole urgente dans le désordre où la dignité de l’être est piétinée. »

« Nommer la blessure, redonner un nom au visage annulé par la flamme, dire, faire et défaire les rives du silence, voilà ce que lui dicte sa conscience. Il doit cerner l’impuissance de la parole face à l’extrême brutalité de l’histoire, face à la détresse de ceux qui n’ont plus rien, pas même la raison pour survivre et oublier. »

Les poèmes de Tahar Ben Jelloun reprises dans ces recueils sont autant un hommage aux victimes de la guerre en Irak, au Liban, à Gaza, qu’aux victimes qui tombent aujourd’hui sous les balles israéliennes en Palestine occupée.